Les Origines et L’évolution des Libérations Conditionnelles au Quebec

Par Jean-Guy Desgagné, LLL, M.C.A.

Jean Guy Desgagne

La Libération conditionnelle n’est pas un droit…

« …Un homme qui serait seul dans l’univers n’aurait aucun droit, mais il aurait des obligations. » (Simone Veil, Enracinement- Prélude à une décision des devoirs envers l’être humain, Gallimard, 1962) 

Les Libérations Conditionnelles en Bref au Canada

Historiquement, la libération conditionnelle apparaît pour la première fois en Europe, notamment en Angleterre, au début du XIXe siècle, alors que le gouvernement britannique cherche une façon de recruter la main-d’œuvre nécessaire au développement des colonies outre-mer. C’est par le « ticket of leave » que des centaines de détenus sont libérés des prisons surpeuplées d’Angleterre pour être envoyés aux Bermudes et en Tasmanie. Au Canada, le concept de la libération conditionnelle voit le jour en 1899 alors que la Loi sur la libération conditionnelle est inspirée, presque mot pour mot, de la loi britannique. Les prisonniers en liberté conditionnelle doivent accepter d’obéir à la loi, s’abstenir de mener « une vie oisive et dissolue » et éviter de s’associer à des « personnes notoirement de mauvaises mœurs ». À la fin des années 50, à la suite des recommandations du Rapport Fauteux, en 1958, le Parlement canadien abroge l’ancienne Loi sur les libérations conditionnelles et la remplace par la Loi sur la libération conditionnelle des détenus. Apparaît alors le principe de la réhabilitation.

Quelques dates…

1959

Adoption de la Loi sur la libération conditionnelle des détenus et création de la Commission nationale des libérations conditionnelles qui exerce une compétence exclusive en matière de libération conditionnelle pour toutes les personnes incarcérées au Canada.

1977

Modification de la Loi sur la libération conditionnelle des détenus habilitant les provinces à former leur propre commission provinciale de libération conditionnelle afin de rendre des décisions concernant les délinquants relevant de l’autorité provinciale. Trois provinces se prévalent du pouvoir qui leur est accordé et créent leur propre commission provinciale : l’Ontario (1978), le Québec (1978) et la Colombie-Britannique (1980). Toutefois, le 1er avril 2007, la Commission provinciale des libérations conditionnelles de la province de la Colombie-Britannique a été dissoute et la Parole Act, RSBC 1996, ch. 346 a été abrogée par la Miscellaneous Statutes Amendment Act, 2007, SBC 2007, ch. 8, par. 58. La Commission nationale des libérations conditionnelles du Canada est responsable des libérations conditionnelles pour la province.

Au Quebec

1978 : entrée en vigueur de la Loi

Une réforme en matière de gestion de la peine d’incarcération amène le gouvernement du Québec à adopter la Loi favorisant la libération conditionnelle des détenus et à créer par la même occasion la Commission québécoise des libérations conditionnelles (CQLC). Le ministre de la Justice de l’époque, Me Marc-André Bédard, fonde sa réforme sur :

• L’importance de la réinsertion sociale des personnes contrevenantes;

• Une plus grande autonomie en matière d’administration de la justice et de libération conditionnelle;

• L’examen automatique des cas au tiers de la peine;

• La participation de la collectivité au processus décisionnel par l’entremise de membres à temps partiel répartis sur tout le territoire du Québec.

La loi provinciale établit les champs de compétence de la CQLC et des Services correctionnels du Québec. Les Services correctionnels ont le pouvoir d’autoriser des absences temporaires pour motif de réinsertion sociale à toutes les personnes contrevenantes purgeant une peine de moins de deux ans, entre-le 1/6 et le 1/3 de leur peine. La CQLC, quant à elle, détient une juridiction exclusive au 1/3 de la peine pour les personnes contrevenantes purgeant une peine de six mois à deux ans moins un jour. Elle peut également se prononcer en appel d’une décision des Services correctionnels du Québec à la suite d’un refus d’absence temporaire pour réinsertion sociale ou de révocation d’une absence temporaire pour un motif médical, humanitaire ou de réinsertion sociale.

1982

L’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés relance le débat au sujet du juste équilibre à établir entre les droits de l’individu et les intérêts de la collectivité. Pour une instance décisionnelle comme la CQLC, le devoir d’agir équitablement exige que la personne contrevenante puisse faire valoir son point de vue et incite donc à une meilleure transparence notamment en regard des motifs reliés aux décisions.

1992

La Loi sur la libération conditionnelle de détenus (loi fédérale) est remplacée par la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition. Cette nouvelle loi se caractérise par le fait qu’elle définit l’objectif et les principes de la mise en liberté sous condition. Elle précise que « la mise en liberté sous condition vise à contribuer au maintien d’une société juste, paisible et sûre en favorisant, par la prise de décisions appropriées quant au moment et aux conditions de leur mise en liberté, la réadaptation et la réinsertion sociale des délinquants en tant que citoyens respectueux des lois ». Le premier principe qui doit guider les membres de la CQLC dans leurs décisions réside avant tout en la protection de la société.

2002

Jusqu’à l’entrée en vigueur de la Loi sur le système correctionnel du Québec le 5 février 2007, la Loi favorisant la libération conditionnelle des détenus et la Loi sur les services correctionnels, déterminaient les mandats respectifs des Services correctionnels du Québec et de la CQLC. Cette loiprévoyait que le détenu pouvait bénéficier d’absences temporaires pour motifs humanitaire, médical ou de réinsertion sociale.

Ainsi, le directeur d’un établissement de détention pouvait lui permettre, aux conditions qu’il déterminait, de s’absenter temporairement de l’établissement de détention. Le détenu était alors admissible à l’absence temporaire pour motif de réinsertion sociale s’il avait purgé le sixième de la peine d’emprisonnement imposée par le tribunal. Il cessait de l’être lorsqu’il devenait admissible à la libération conditionnelle, soit le plus souvent à compter du tiers de sa sentence. Le directeur général pouvait également, pour des raisons humanitaires, autoriser le détenu à s’absenter temporairement, et ce quelle que soit la durée de son emprisonnement.

La Loi favorisant la libération conditionnelle des détenus prévoyait quant à elle que la CQLC exerce ses compétences à compter du tiers de la peine d’emprisonnement prononcée par le tribunal et donc, ne se prononçait que dans le cadre d’une libération conditionnelle. Elle agissait également en appel des décisions de refus par le directeur du Centre de détention, d’accorder une absence temporaire pour motif de réinsertion sociale.

À la suite du décès d’Alexandre Livernoche, en août 2000, le ministre de la Sécurité publique de l’époque, M. Serge Ménard, confiait à M. Claude Corbo, le mandat d’effectuer « une analyse complète et détaillée du processus décisionnel menant à l’élargissement en milieu ouvert ou en absence temporaire et à la libération conditionnelle des personnes contrevenantes sous la responsabilité de la direction générale des services correctionnels du ministère ».

Suite à cette tragédie qui a affecté le Québec en entier, le ministre de la Justice du Québec a mandaté M. Claude Corbo d’examiner et de faire rapport sur les pratiques en ce qui a trait à la libération conditionnelle.  

Rappelons que le 4 août 2000, Alexandre Livernoche un garçon de 13 ans, était enlevé près de chez lui, à Sorel-Tracy puis retrouvé mort cinq jours plus tard. Il avait été agressé sexuellement et enterré dans une sablière par Mario Bastien, qui bénéficiait au moment des événements d’une libération anticipée dans le cadre d’un processus correctionnel provincial. L’affaire allait devenir encore plus scabreuse à la divulgation du parcours judiciaire de l’assassin, Mario Bastien. Cette triste affaire a mis en lumière certaines lacunes, dont le manque de communication entourant la gestion des personnes contrevenantes sous juridiction provinciale.

En avril 2001, M. Corbo déposait un rapport intitulé « Pour rendre plus sécuritaire un risque nécessaire », lequel comprenait soixante-treize recommandations qui étaient guidées par cinq idées directrices, « susceptibles d’instaurer une cohérence nécessaire dans l’effort pour bonifier et rendre plus sécuritaires les mécanismes décisionnels d’élargissement et l’encadrement des personnes contrevenantes »

Les cinq idées directrices :

1) Primauté de la réhabilitation et de la réinsertion sociale 

La poursuite de la réhabilitation et de la réinsertion sociale harmonieuses et durables des personnes contrevenantes doit demeurer le principe premier du ministère de la Sécurité publique, des Services correctionnels, de la CQLC québécoise des libérations conditionnelles ainsi que de leur collaboration avec les ressources communautaires et la société civile dans son ensemble.

2) Normes régulatrices de la réhabilitation et de la réinsertion sociale.

La poursuite de la réhabilitation et de la réinsertion sociale des personnes contrevenantes s’effectue dans le respect de deux normes régulatrices : la sécurité de la population et le respect des sentences des tribunaux selon leurs diverses modalités.

3) Une responsabilité collective partagée

La poursuite de la réhabilitation et de la réinsertion sociale des personnes contrevenantes constitue une responsabilité collective partagée par les organismes directement préposés à cette tâche (…).

4) La rigueur méthodologique

Les actions et les décisions des divers intervenants impliqués dans la réhabilitation et la réinsertion sociale des personnes contrevenantes s’assujettissent aux plus exigeants standards de rigueur méthodologique, de cohérence et de continuité, de transparence, de justice et d’équité.

5) Le principe de compétence

L’assujettissement aux plus exigeants standards de rigueur méthodologique, de cohérence et de continuité, de transparence, de justice et d’équité, des actions et des décisions des intervenants poursuivant la réhabilitation et la réinsertion sociale des personnes contrevenantes, requiert :

(1) le recours méthodique aux acquis les plus actuels de la recherche scientifique pertinente et aux moyens les plus actuels des technologies de l’information et de la communication;

(2) le renforcement des conditions d’embauche et de maintien en emploi et

(3) la formation professionnelle continue des personnes impliquées.

Dans son rapport, M. Corbo affirmait : « (…) la justice serait mieux servie si une seule autorité, indépendante, quasi judiciaire, assujettie à des normes procédurales exigeantes, assumait la responsabilité d’intervenir dans le cheminement de personnes condamnées aux peines les plus importantes (…) et qui représentent un risque plus important pour la sécurité de la population ». L’ensemble des recommandations visaient essentiellement à favoriser une réinsertion graduelle et plus sécuritaire des personnes contrevenantes dans la communauté.

La Loi sur le système correctionnel du Québec

Suite au rapport Corbo, la Loi sur le système correctionnel du Québec a été adoptée à l’unanimité le 13 juin 2002 par l’Assemblée nationale et est entrée en vigueur le 5 février 2007. Cette loi qui remplace la Loi favorisant la libération conditionnelle des détenus et la Loi sur les services correctionnels, énonce d’importantes modifications par rapport à l’ancien régime législatif.

La CQLC retient pour sa part, quatre éléments essentiels qui sont venus modifier son mandat et ses pratiques:

La création du programme de sortie préparatoire à la libération conditionnelle au sixième de la peine.

Ce programme qui dans les faits, est venu remplacer l’absence temporaire pour motif de réinsertion sociale est confié à la CQLC qui doit, conformément à l’article 136, statuer sur toute demande de permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle formulée par une personne contrevenante.

La création du programme de sortie pour visite à la famille.

La gestion de ce programme confié à la CQLC, permets à une personne contrevenante qui a fait l’objet d’une décision de refus, de révocation ou de cessation de sa libération conditionnelle, de demander à la CQLC de lui permettre une sortie pour visiter sa famille pour une période ne dépassant pas 72 heures.

Le contenu du dossier

La Loi sur le système correctionnel du Québec énonce clairement la nécessité pour les Services correctionnels de transmettre à la CQLC les éléments énumérés à l’article 19, et la nécessité pour la CQLC de tenir compte de tous ces éléments aux fins de rendre une décision éclairée dans le cadre l’étude du dossier de la personne contrevenante qui désire bénéficier d’une mesure quelconque de liberté sous condition.

Les victimes

Le chapitre V de la Loi institue de nouvelles responsabilités tant pour la CQLC que pour les Services correctionnels en ce qui a trait aux victimes. Ainsi, une victime de violence conjugale, de pédophilie ou d’agression sexuelle doit être tenue informée à divers stades de la peine d’un contrevenant, des modalités de sa remise en liberté sous conditions le cas échéant. Par ailleurs, toutes les victimes peuvent transmettre des représentations écrites concernant l’octroi à une personne contrevenante d’une mesure de liberté sous condition.

2006

La modification de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels permet à la CQLC de transmettre, à quiconque en fait la demande par écrit, copie d’une décision qu’elle a rendue. Cette accessibilité aux décisions de la CQLC garantit auprès du public et des victimes la transparence des processus de mise en liberté sous condition.

2007

Adoption à l’unanimité par l’Assemblée nationale de la Loi sur le système correctionnel du Québec qui modifie les pratiques des Services correctionnels du Québec de la CQLC, ainsi que des organismes communautaires et de tous les autres intervenants du système correctionnel dans l’exercice de leurs mandats respectifs. Outre la juridiction qu’elle exerçait déjà en matière de libération conditionnelle, la CQLC se voit attribuer, par la nouvelle Loi sur le système correctionnel du Québec, de nouveaux pouvoirs relatifs à la permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle à partir du sixième d’une peine d’incarcération de six mois à deux ans moins un jour.

La nouvelle loi crée également la mesure de permission de sortir pour visite à la famille qui permet aux personnes contrevenantes à qui la libération conditionnelle est refusée, cessée ou révoquée au tiers de la sentence, de demander une permission de sortie d’un maximum de 72 heures afin de visiter leur famille.

La Loi sur le système correctionnel du Québec entre en vigueur en deux phases soit :

1. Le 4 février 2007 alors, qu’entre autres, les dispositions relatives aux victimes et à la permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle prennent effet;

2. Le 3 juin 2007 alors que les dispositions relatives à la permission de sortir pour visite à la famille prennent effet.

L’importance de disposer de renseignements fiables sur la personne contrevenante et une plus grande transparence du processus décisionnel sont de nouveaux éléments qui influencent la CQLC. Par ailleurs et pour la première fois, le texte législatif tient compte du rôle et des droits des victimes. La CQLC doit prendre toutes les mesures possibles pour communiquer diverses informations aux victimes visées par une politique gouvernementale en violence conjugale, en agression sexuelle et en pédophilie. Les dispositions de la loi prévoient également qu’une victime peut transmettre des représentations écrites à la CQLC qui seront considérées lors de l’analyse du dossier de la personne contrevenante.

LA CQLC AUJOURD’HUI

L’organisation administrative

La CQLC est composée de 54 membres (11 à temps plein, incluant la présidente et le vice-président, 17 à temps partiel, 26 issus de la communauté) et 36 employés répartis dans ses bureaux de Québec et de Montréal.

La CQLC demeure plus que jamais guidée par des principes essentiels :

• La protection de la société;

• Une réinsertion sociale graduelle et sécuritaire;

• Le respect des principes de droit (justice naturelle, équité et transparence);

• L’impartialité et l’indépendance décisionnelle;

• La collaboration avec les divers intervenants du système de justice pénale.

La CQLC est une instance décisionnelle qui entend et décide des demandes de mise en liberté sous condition des personnes contrevenantes purgeant une peine de six mois à deux ans moins un jour. Elle fait partie intégrante du système de justice pénale et rend des décisions dans le respect des décisions des tribunaux.

Elle exerce ses fonctions en application de la Loi sur le système correctionnel du Québec, de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (loi fédérale) et de la Loi sur les prisons et maisons de correction (loi fédérale). Le principe directeur à la base de toutes les décisions en matière de mise en liberté sous condition est la protection de la société. Cette protection peut s’exprimer par l’octroi, en temps opportun, d’une mesure de mise en liberté assortie de conditions strictes d’encadrement et de suivi.

La libération conditionnelle : un privilège et non un droit

La mise en liberté sous condition ne change pas la peine prononcée par le tribunal ni les diverses ordonnances qui peuvent l’accompagner. Lorsque la CQLC octroie une mise en liberté sous condition, la personne contrevenante est tenue de respecter des conditions strictes. Si elle ne les respecte pas, sa mise en liberté sous condition sera suspendue, voire révoquée, et elle sera réincarcérée.

Cadre légal

Les activités de la CQLC sont assujetties à diverses lois, à savoir:

Lois fédérales

Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (L.C. 1992, ch. 20);

Loi sur les prisons et les maisons de correction (L.R.C. 1985, ch. P-20);

Charte canadienne des droits et libertés (Loi constitutive fédérale);

Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (L.C. 2002, ch.

Lois provinciales

Charte des droits et libertés de la personne (RLRQ, chapitre C-12);

Loi sur le système correctionnel du Québec (RLRQ, chapitre S-40.1);

Loi sur la justice administrative (RLRQ, chapitre J-3);

Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels (RLRQ, chapitre A-2.1);

Loi sur l’administration publique (RLRQ, chapitre A-6.01);

Loi sur l’administration financière (RLRQ, chapitre A-6.001);

Loi sur la fonction publique.

Les audiences

En 2018-2019, plus de 40% des séances ont été tenues en Visio audience, soit près de 18% de plus que les 23% des séances tenues en 2017-2018. Cette remarquable avancée permet à la CQLC de réduire de moitié le taux des émissions de GES reliées aux déplacements en établissement de détention par rapport au taux des émissions de 2015-2016, qui s’élevait à 48,47%.

UN REGARD VERS L’AVENIR

L’avenir présente son lot de défis. Pensons, entre autres, à tous ces éléments qui pourront nécessiter une adaptation de l’ensemble du système et qui auront une influence sur les pratiques de la CQLC : les transformations de l’environnement législatif, le développement des technologies, la diversité culturelle, les exigences de plus en plus grandes des citoyens en matière de transparence décisionnelle, la place des victimes dans le processus judiciaire, les changements quant au profil des délinquants. Tous ces éléments constituent autant de facteurs susceptibles de nécessiter que la CQLC adapte ses pratiques en conséquence et soit en mesure d’offrir à ses membres des programmes de formation ciblés et répondant aux réalités d’une société en constante transformation.

La CQLC envisage l’avenir avec ouverture tout en s’inspirant de ses acquis afin d’élaborer une vision qui lui permettra de contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs de la Loi en ce qui a trait à la protection du public tout en favorisant la réinsertion sociale des personnes contrevenantes. La CQLC s’engage à maintenir un niveau élevé d’excellence dans la réalisation de sa mission.

Quelques statistiques

Taux de récidive en libération conditionnelle en pour l’année 2018-2019

• Taux de récidive : 2,2%

• Bis de conditions 19.2%

• Succès : 76.6%

Le taux de récidive en libération conditionnelle était de 2.2%. Une partie de la clientèle préfère renoncer à la libération conditionnelle afin de pouvoir sortir aux deux tiers de la peine d’emprisonnement, plutôt que d’être contrainte à se soumettre aux conditions d’une surveillance en libération conditionnelle jusqu’au 3/3 de la peine.  

Permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle

• Octroi 734 / 68.2%

• Refus 343 / 31,8%

• Libération conditionnelle

• Octroi 1319 / 65.1

• Refus 707 / 34,9%

En ce qui concerne la permission de sortir préparatoire, la Loi prévoit qu’une personne contrevenante peut faire cette demande à partir du sixième de sa peine, et ce, jusqu’à 21 jours avant son admissibilité à la libération conditionnelle. Au cours de l’année 2018-2019, la CQLC a reçu 1 315 de ces demandes et a rendu une décision dans 1 077 dossiers, ce qui représente 33 % des personnes admissibles à la mesure.

En somme, la CQLC a rendu 4457 décisions en séance en 2018-2019, et 4867 en 2017-2018 soit une diminution de 410 décisions ou 9%.

Libération conditionnelle

Sur un total de 3264 personnes admissibles à la libération conditionnelle, au cours de l’année 2018-2019, la CQLC a entendu 2 026 (62 %) personnes contrevenantes parmi les 3 264 admissibles à la libération conditionnelle. Ce résultat est stable par rapport à la proportion de 61 % de l’exercice budgétaire précédent.  

Renonciation

Au cours de l’année 2018-2019, la CQLC a reçu 1 254 renonciations définitives à la libération conditionnelle, ce qui représente 38 % des 3 264 personnes admissibles. Il s’agit d’une diminution modeste de 1 % par rapport à 2017-2018, mais qui confirme une tendance à la baisse amorcée en 2013. Les statistiques indiquent que 91 % des renonciations ont été enregistrées avant la séance et 9 % pendant une séance devant la CQLC.

À l’instar du Protecteur du citoyen, la CQLC est préoccupée par le phénomène de la renonciation, qui fait en sorte que la personne contrevenante renonce à se prévaloir de moyens facilitant sa réinsertion graduelle et sécuritaire dans la société

Différentes mesures de mise en liberté sous condition (CQLC, 2019)

Type de mise en liberté sous conditions Description Admissibilité
Permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle En vertu de l’article 135 de la LSCQ;-La permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle est une étape dans le cheminement de la personne contrevenante qui contribue à sa préparation à une éventuelle libération conditionnelle ; -Cette mesure doit se dérouler dans le cadre d’un projet de réinsertion sociale ; -Il s’agit d’une demande qui doit se faire par écrit à la CQLC ; -Lorsqu’elle est accordée, la permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle ne peut excéder 60 jours. La personne contrevenante est admissible à la permission de sortir préparatoire à la libération conditionnelle lorsqu’elle a purgé le sixième de la peine de six mois et plus qui lui a été imposée par le tribunal ; -Elle cesse d’y être admissible lorsqu’elle devient admissible à la libération conditionnelle.
Permission de sortir pour visite à la famille En vertu de l’article 140 de la LSCQ;-Les visites sont limitées à un parent proche: conjoint, enfant, père ou mère, frère ou sœur ; -Il s’agit d’une demande qui doit se faire par écrit à la CQLC;-La durée de sortie ne peut dépasser 72 heures. S’applique aux personnes contrevenantes ayant fait l’objet d’une décision de refus, de révocation ou de cessation de leur libération conditionnelle
Libération conditionnelle Mesure de libération graduelle qui permet à la personne contrevenante de poursuivre sa peine d’emprisonnement au sein de la communauté à certaines conditions ; -Son but est de favoriser la réinsertion sociale de la personne contrevenante et de ce fait, s’assurer la sécurité du public ; -Les modalités d’octroi d’une libération conditionnelle sont déterminées par la LSCQ ; -C’est la CQLC qui est responsable de l’octroi de la libération conditionnelle et qui impose les conditions sont admissibles toute personne détenue pour une période de six mois ou plus dans un établissement de détention du Québec, à moins d’y renoncer par écrit ; -La personne détenue y est généralement admissible au tiers de sa peine; -Lors de l’étude du dossier d’une personne contrevenante admissible, la CQLC tient compte des mêmes critères que pour la permission de sortir. Cette mesure comprend plusieurs conditions générales ou spécifiques, comme participer à un programme thérapeutique en lien avec la problématique de la personne.

Sources

CQLC nationale des libérations conditionnelles, Gouvernement du Canada. Historique de la libération conditionnelle au Canada.

CQLC nationale des libérations conditionnelles, Gouvernement du Canada. La libération conditionnelle : Pour la sécurité du public. Ottawa, 1996.

CQLC québécoise des libérations conditionnelles, Gouvernement du Québec.  La libération conditionnelle : une perspective québécoise.  Québec, 1999.

CQLC québécoise des libérations conditionnelles, Gouvernement du Québec, Rapport annuel 2017-2018.

CQLC québécoise des libérations conditionnelles, Gouvernement du Québec, Rapport annuel 2018-2019.

Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ) 2014

Corbo, Claude, Pour rendre plus sécuritaire un risque nécessaire, avril 2001.  

Nicolas, Michel Un rappel historique de la libération conditionnelle : n (1899-1981) Volume 14, numéro 2, 1981, Érudit, Presse de l’Université de Montréal.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.